Art & Design

ENSA Dijon

– OPTION DESIGN D’ESPACE

Le design d’espace à l’ENSA Dijon

Définition : le designer d’espace s’intéresse à l’interaction de l’espace avec l’humain, et participe à la conceptualisation :

  • d’espaces extérieurs (paysage urbain, intervention sur l’environnement, le paysage…)
  • d’espaces éphémères (stands évènementiels, scénographie muséographique…)
  • d’espaces intérieurs publics ou privés

À l’ENSA Dijon l’option design d’espace s’oriente vers les mutations urbaines, les défis environnementaux, politiques et sociaux des villes au XXIe siècle, mobilisant des connaissances dans des domaines variées :

  • URBANISME
  • ÉCOLOGIE
  • SCÉNOGRAPHIE
  • SMARTCITIES
  • MICRO ARCHITECTURE
  • ÉCODESIGN
  • LUMIÈRE
  • URBANISME TACTIQUE
  • MOBILITÉS DOUCES
  • PAYSAGES & TERRITOIRES
  • SOCIOLOGIE
  • ÉCLAIRAGE
  • MOBILIER URBAIN
  • AUTOCONSTRUCTION…

 

Par les nombreux secteurs dans lesquels il peut travailler, le designer d’espace exerce un métier passion qui lui permet d’explorer sa créativité et d’avoir une vision singulière sur des problématiques concrètes et d’actualité.

 

L’esprit de l’option

Une option design dans une école nationale supérieure d’art

  • Une pédagogie qui encourage l’engagement personnel et l’entraide
  • Une poétique du projet nourrie par l’atmosphère créative d’une école d’art
  • Les moyens matériels et humains d’une école nationale : petits effectifs d’étudiant.e.s, échanges internationaux (voir “Dijon-Wuhan”), technologie audiovisuelle, enseignements en photographie, vidéo, performance, arts sonores… mis au service du projet de l’étudiant.e
  • Muur (Mutations urbaines) : un Atelier de Recherche et Création (ARC) et un programme de recherche : des partenariats, des workshops, des conférences, des colloques, des publications…
  • Une formation professionnalisante : rencontres avec des professionnels, stages, cours de professionnalisation

Une formation ancrée dans le monde réel

  • Des projets in situ en collaboration avec des acteurs de terrain : Voies Navigables de France, Dijon Métropole, Maison des sciences de l’Homme de l’université de Bourgogne, Grand Dijon, associations, etc.
  • Un encadrement assuré par des professionnels du design, de l’architecture, de la scénographie, du paysage…
  • Une attention aux enjeux actuels : projets participatifs, écodesign, design social, urbanisme tactique…
  • Des liens toujours plus étroits avec l’international : mobilités étudiant.es (stages et semestres d’étude) et enseignant.es, workshops croisés…

 

Le cursus

Année 1 :

  • L’étudiant.e quitte le rythme des cours magistraux du lycée.
  • Tronc commun transversal en art et design pour guider le choix de la spécialisation à la fin du second semestre.
  • Ateliers d’initiation pratiques et techniques : Dessin d’observation et d’imagination ; Dessin d’espace architectural ; Peinture ; Volume ; Fabrication ; Infographie ; Photographie ; Vidéo ; Couleur ; Sérigraphie ; Forme et interprétation ; Écriture.
  • Cours de culture générale.
  • Ateliers d’anglais ; conférences chaque semaine, 2 semaines de workshops par an, visites d’expositions…

Années 2 & 3 : une formation généraliste consacrée au projet

  • Méthodologie du projet et représentation de l’espace (du dessin à la main au logiciel 3D).
  • Développer un projet personnel sur une thématique.
  • Le design à toutes les échelles : de l’objet au grand paysage en passant par la microarchitecture, la scénographie…
  • Un enseignement spécifique en histoire et théorie du design : du XIXe s. aux enjeux contemporains (écologie et biodiversité, genre et inclusion, numérique et participatif…).
  • Immersion professionnelle : un stage d’une durée de 15 à 30 jours.
  • Un accompagnement au Diplôme National d’Art (DNA), grade licence.

Années 4 & 5 : une pédagogie centrée sur le projet de l’étudiant.e

  • Un accompagnement individualisé vers le DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique), pour le mémoire de recherche et pour le projet personnel.
  • L’étudiant.e développe un projet sur une thématique qu’il a choisie. Il s’agit majoritairement de sujets orientés vers les défis environnementaux, politiques et sociaux des villes au XXIe siècle.
  • 3 mois de mobilité internationale et/ou de stage professionnel en 4e année.

Fiches de cours

Les fiches sont à retrouver dans le livret de l’étudiant à partir de la page 122.

 [pdf] ENSA Dijon Livret étudiant 2020-2021

Consultation en ligne :

Coopération Dijon-Wuhan

 

En 2017, l’École d’Art & Design de Wuhan de l’Université technologique d’Hubei et l’ENSA Dijon nouent des relations pour développer des échanges et des recherches-expérimentations autour de la problématique du design à l’échelle de la ville contemporaine.

 

 

Pour contribuer à la reformulation de la ville contemporaine, il ne convient pas seulement de redessiner les archétypes de son décors urbain mais bien d’accompagner, d’inviter à de nouveaux usages, de nouvelles pratiques, de nouvelles projections : ville sociale, ville durable, ville vertes, ville résiliente ville productive, ville ludique, ville d’échange… Bouleverser les habitudes, formuler des désirs, vivre la rue et la ville différemment, redonner qualité à la vie de proximité, limiter ainsi les déplacements. Les outils utilisés sont ceux déjà mis à l’œuvre dans de l’Atelier de Recherche et Création « Mutations urbaines » : questionner, écouter, documenter, réfléchir, inviter puis construire in situ, expérimenter à l’échelle de l’espace, confronter.

 

/// VOLET 1 / Nouveaux usages de l’espace public (Workshops croisés & colloque )

Ce travail croisé entre les deux écoles s’est porté sur une pratique collective d’expérimentation : construire ensemble dans l’espace public, au contact des habitants, de nouvelles façon de vivre la ville, mettant à profit nos différences pour questionner, confronter, construire, mettre en avant de façon temporaire et expérimentale de nouveaux objets / espaces pour la ville contemporaine.

Workshop à Wuhan

En octobre 2018 un groupe de onze étudiant·e·s de l’ENSA Dijon, encadrés par leurs enseignants Jean-Pierre Tixier, Laurent Matras et l’architecte Benjamin Frick, s’envolaient pour la Chine et un premier workshop marquant le début de l’échange. Une vingtaine d’étudiant·e·s chinois·e se sont joint·e·s à ce workshop où ont été conçus, fabriqués et expérimentés in situ des petits équipements mobiles en bambou et plastique injecté à mêmes d’illustrer de nouvelles hypothèses d’usages et de partage de l’espace public.

> Le journal de bord des étudiants

Projet de Kevin Lavier

 

Workshop à Dijon

Au mois de mars 2019, un groupe d’étudiant·e·s de l’université de Wuhan accompagnés de leurs professeurs, est venu à Dijon pour un workshop sur le thème de « La nourriture dans l’espace public ». Le même protocole de travail qu’à Wuhan a été appliqué : conception, fabrication et installation in situ au contact des usagers.

 

Colloque

Un colloque de deux journées intitulé « Agoras contemporaines, processus alternatifs de construction de l’espace public. » a donné lieu à une publication.

 

///  VOLET 2 / FRONTAGES URBAINS (Workshops croisés)

 

« De même que les Québécois, les anglophones en Amérique du Nord, utilisent ce terme venu du français : le mot frontage joue en fait un rôle important dans le vocabulaire de l’urbanisme aux USA, où il désigne vraiment l’espace de bord de rue, tant privé que public, qui s’étend devant un riverain.

Les frontages dans les rues des villes peuvent prendre des formes spatiales, sociales et juridiques très variées. Certains de ces frontages sont vastes, et permanents. D’autres sont exigus et éphémères. Les façades changent, les styles de vie aussi, et il revient à ces deuxièmes chantiers des riverains, notamment à ces pots fragiles, à ces plantes périssables, à ces vélos et à ces mobiliers sans cesse renouvelés, de demeurer. Si on veille à les respecter, ces frontages constituent bien une interface fertile entre les riverains et les passants, et sont un élément clef de la vie urbaine. »

Extrait de l’ouvrage de Nicolas Soulier, Reconquérir les rues.

 

Lors du premier workshop à Wuhan en octobre 2018, les déambulations urbaines, ont permis de constater à quel point ces dispositifs sont ancrés dans la culture chinoise et à quel point les chinois savent faire usage de cet espace de pied d’habitation pour le rendre vivant. Il s’agit d’un véritable lieu de sociabilité, qui, même dans la rudesse des urbanismes contemporains de la ville chinoise, parvient encore à retisser des liens et en adoucir les contours.

Petits commerces débordants sur les trottoirs, joueurs de jeux de société, jardinets bricolés, préparations et prises de repas, assises pour y discuter, se reposer…

Autant d’activités qui confèrent à ces rues des dimensions sociales et poétiques auxquelles nous avons été particulièrement sensibles. Sensibles également à la fragilité de tels lieux et au besoin d’en identifier puis en préserver les caractéristiques face à un urbanisme sauvage.

Workshop virtuel – novembre 2020

Thème : « Le changement du mode d’utilisation de l’espace public urbain et la nouvelle distance sociale sous l’influence de la situation épidémique »

Quatre écoles sont impliquées : l’École d’Art & Design de Wuhan (Université technologique d’Hubei- Chine), l’École d’architecture de l’Université de Pesc (Hongrie), l’École Nationale Supérieure d’Art de Dijon et l’école des Beaux Arts de Binus (Université Binus – Indonésie). Des conférences ouvertes en ligne et des ateliers se dérouleront en simultané dans les 4 écoles sur la problématique de l’espace public urbain sous la nouvelle distance physique et la relation humaine sous le nouvel espace virtuel, avec l’objectif de construire une exposition de design.

Workshop à Wuhan – avril 2021

Forts de ce constat il sera proposé, lors du prochain workshop à Wuhan, un travail d’analyse approfondie suivi d’une restitution. Une première étape consisterait à prélever ce qui participe à ces dispositifs dans l’espace public au moyen de photographies, de films, d’interviews, dessins, etc. La seconde étape serait une étape d’analyse : les typologies d’activités identifiées, les types de lieux, leurs géographies dans la ville, leurs histoires, leurs sociologies… La dernière étape serait un travail de restitution : réalisation d’une exposition qui présenterait ce travail d’analyse et pourrait en reformuler les typologies identifiées. Cette mise en espace fonctionnerait comme un grand répertoire des frontages de Wuhan.

Workshop à Dijon – octobre 2021

En s’appuyant sur le travail effectué à Wuhan en octobre 2020, le workshop retour consiste à concevoir une transposition des frontages étudiés à Wuhan qui tiendrait compte des spécificités, des besoins, de la culture, de la sociologie, de l’organisation spatiale, du climat, entre autres, propres à la ville de Dijon. La première étape de travail consisterait

à faire un travail d’analyse de la ville. Il s’agirait ensuite de transposer le travail effectué à Wuhan sur des propositions spatiales pour la ville de Dijon, par un travail en maquettes puis in situ avec installations dans l’espace public.

Cette coopération entre l’Ecole d’Art & Design de Wuhan de l’Université technologique d’Hubei et l’ENSA de Dijon est accompagnée et soutenue par le Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté, la ville de Wuhan, l’institut français de Wuhan, Dijon Métropole

Recherche

« Mutations urbaines » est l’un des 3 programmes de recherche développé par l’ENSA Dijon.

 

MUTATIONS URBAINES

Le programme de recherche transdisciplinaire « Mutations urbaines » s’inscrit dans le prolongement des enseignements de Licence et de Master délivrés par l’équipe de l’option design de l’ENSA Dijon (studios de projet, cours, ARC, workshops). Il réunit designers, architectes, scénographes, paysagistes, artistes et théoriciens tous domaines confondus dans un espace commun de réflexion, d’imagination, de proposition et d’expérimentation urbaines fortement enracinées dans les réalités écologiques, sociales et politiques de la ville à l’ère de l’anthropocène.

La crise écologique qui frappe actuellement l’humanité — la pollution, l’épuisement des ressources naturelles, la destruction des écosystèmes, la disparition de la biodiversité, le réchauffement et le dérèglement climatiques, la multiplication des épisodes extrêmes comme les sécheresses ou les vagues de chaleur —, ainsi que ses conséquences économiques, sociales et politiques, nous obligent à repenser de manière radicale, non seulement nos modes de production et de consommation, mais aussi nos manières de vivre, et en particulier de vivre la ville, c’est-à-dire de produire et de consommer de l’espace et du temps. Elle questionne nos pratiques de l’espace et nos chorégraphies du quotidien.

Les villes, particulièrement vulnérables aux effets de la crise environnementale, sont pour une importante part responsables de celle-ci. Ce qui signifie qu’elles peuvent aussi être le lieu de solutions locales à ce problème global.

Le design, longtemps cantonné dans la sphère du marketing, constitue aujourd’hui un ensemble ouvert de réflexions, de pratiques et de dispositifs, au croisement de la recherche et de la création, travaillant, à même la perception sensible (« affordance »), sur les représentations et les usages de notre environnement, comme vecteurs de transformation des espaces urbains.

Penser et pratiquer la ville comme un écosystème à part entière, prendre soin (« care ») de la biodiversité végétale et animale qu’elle abrite, promouvoir une agriculture urbaine visant une autonomie alimentaire sans danger pour l’environnement, et plus globalement repenser les relations ville / nature, cela suppose ainsi une réflexion sur les activités et les temporalités socioéconomiques de la ville. À l’image des slow cities qui essaiment partout dans le monde, les villes doivent aussi incorporer les mobilités douces (vélo) et les moyens de déplacements non carbonés dont la croissance actuelle est révélatrice.

L’éco-design réfléchit aux impacts environnementaux des matériaux et des formes qu’il met en œuvre, prône le low tech, le do it yourself, l’auto-construction et le réemploi, en s’inspirant des pratiques vernaculaires. Cette relation au travail de la matière nourrit une relation à l’espace par le réinvestissement des zones laissées vacantes ou sans qualité par la modernisation ou la crise économique : friches industrielles et interstices urbains peuvent être les lieux d’un « urbanisme transitoire » où s’expérimentent des manières autres de vivre collectivement la ville, et une place de parking ou un frontage devenir par micro-intervention (acuponcture urbaine) des espaces d’« urbanisme tactique » comme autant de gestes — légers et joyeux, temporaires et festifs — visant à reconquérir les rues.

Devant la tendance à la standardisation, à l’uniformisation fonctionnelle, à l’homogénéisation sociale et en fin de compte à la stérilisation d’espaces publics privatisés consacrés de plus en plus exclusivement au commerce et à la consommation sous vidéosurveillance, il s’agit d’imaginer des formes inventives d’habiter la ville qui soient susceptibles de la revitaliser.

Parallèlement, partout se font entendre de plus en plus fort les aspirations des citadins à une démocratie urbaine renouvelée — un « droit à la ville » —, dans laquelle les citoyens, sous une forme collaborative ou participative, se voient activement impliqués dans les projets mis en œuvre par les acteurs privés et/ou publics, portant sur leurs espaces de vie, qu’il s’agisse d’une rue, d’une place, d’un quartier, d’un lieu de vie, de travail, ou encore d’un endroit auquel aucune fonction n’est définie par avance, et qui se réinvente au gré des usages.

L’idée d’une ville désirable — où la notion de plaisir n’est plus annexée au consumérisme — parce qu’équitable (ouverte à tou·tes) exige en effet la prise en compte de la diversité et de l’imprévisibilité des usages et des usagers, quels que soient leur âge, leur genre ou leur origine sociale ou culturelle. Les nouvelles pratiques du design urbain se nourrissent ainsi des apports des théories critiques contemporaines (théories féministes et critique du genre, théories postcoloniales, écologie politique, théories du care).

Le programme « Mutations urbaines » s’inscrit ainsi dans le sillage tracé par de nombreux collectifs pluridisciplinaires réunissant urbanistes, vidéastes, designers, écrivains, architectes, philosophes, scénographes, sociologues, paysagistes… (Bellastock, EXYZT, Le Bruit du frigo, Encore heureux…) avec lesquels il est régulièrement conduit à travailler.

Expérimentations in situ, workshops, colloques, publications — comprenant des traductions inédites d’auteurs anglo-saxons aujourd’hui incontournables — composent l’ensemble des activités de recherche du programme.

Pour décentrer le regard et approfondir les explorations, le programme de recherche « Mutations urbaines » s’appuie sur le partenariat de l’ENSA Dijon avec l’École des arts et du design de l’université technologique d’Hubei de Wuhan (Chine), avec la mise en œuvre de workshops croisés.

Thèmes de diplômes

 

Quelques exemples :

 

Charlène Delevacq / Parcours d’eau

 

« À vau-l’eau » est un parcours urbain dans un quartier de Dijon proche du port du canal.

Mon projet s’inscrit comme un parcours dans la ville et rend visible l’eau dans les aménagements urbains. Un élément vivant et doué de poésie qui m’accompagne au fil de mes projets. Je propose de nouvelles pistes urbaines, tendant vers une cohabitation entre l’urbain, ses usagers et les éléments naturels en évolution. De nouvelles perspectives menant vers une transition urbaine et sensible.

Je conçois des scénarios articulant ressources naturelles et habitabilité. Mon approche s’inscrit dans plusieurs domaines du design s’étendant de l’échelle de l’objet à celle de la ville et du paysage. Je tente de mettre en perspective les enjeux environnementaux actuels tout en valorisant les ressources disponibles sur le territoire et en explorant des alternatives possibles par le biais de la sensibilisation et de la transmission.

En tant que designer, il me semble indispensable de travailler en rapport avec l’actualité et faire preuve d’ouverture et d’inclusion. Ainsi, je cultive mon militantisme et l’intègre dans mes travaux.

Il est important de rendre l’art et le design accessibles, de tendre vers des projets participatifs pour impliquer et responsabiliser les habitants. »

 

Alexandre Varin / La danse dans l’espace public

 

De quelle manière la danse questionne l’espace et par extension, l’espace « public » ? Quels sont les enjeux d’une diffusion culturelle et d’une proximité avec le public ? Peut-on établir un lien entre les recherches chorégraphiques dans l’espace public et le développement de l’urbanisme tactique ? L’art peut apparaître comme un objet d’analyse de l’espace public. Alexandre Varin utilise la chorégraphie dans l’espace public comme outil de médiation sociale. Avec la danse associée aux méthodes du design, il offre des expériences singulières et conscientisantes aux usagers de ces espaces. Ces techniques, de démocratie urbaine, cherchent à émanciper l’espace public du modèle hégémonique de la communication et de la privatisation de l’espace publique.

 

Lena Jay Rayon / Ceux que l’on ne voit pas

 

Le design a une influence sur nos émotions, notre humeur et nos sentiments. C’est par lui que se dessine de nombreuses formes qui nous entourent. Il est plus important que nous le pensons de le rendre accessible.

«L’une des fonctions sociales de l’art est de cristalliser une image ou une réponse par rapport à une situation sociale floue et d’attirer l’attention sur ses contours.» Martha Rosler

Mon travail tente de démontrer des problématiques politiques et sociales sous un nouvel angle d’approche afin de sensibiliser davantage les utilisateurs aux enjeux de notre temps. La mise en scénographie reprend les notions de remettre l’humain au centre de l’attention et de donner de l’importance à sa réflexion en le plaçant au centre du projet.

Au-delà de ce travail, mon projet professionnel est tourné vers le design en suivant mes engagements pour l’environnement, l’écologie et le social. Ces valeurs me semblent essentielles dans le monde actuel, c’est un combat quotidien, nous avons les cartes en mains !

Dravigney Héloïse / La place publique dans la ville

Il m’est apparu urgent de penser de nouveaux dispositifs pour ré-assoir le rôle rassembleur des places publiques. En France, la grande tradition des manifestations défilées dans les rues et donc de faire de l’espace publique un lieu de discussion politique a trouvé son paroxysme dans les manifestations de Nuit Debout au cours du printemps 2016. Les places de France sont alors devenues des lieux d’apprentissage et de construction de la vie politique ouverte à tous les citoyens. Les places ont alors retrouvé leur vocation d’Agora citoyenne.

Mon projet cherche à ré-invoquer ce sursaut citoyen au moyen de dispositifs qui invitent les habitants à réintroduire la politique dans l’espace publique. Sous la forme d’un festival s’étalant sur une saison, le Festival Possible souhaite investir la place Corbis de Belfort, tous les deux mois, en y organisant différents types d’événements qui favorisent la démocratie participative. Des conférences citoyennes, des grands repas pris en commun, des ateliers de scénario, des débats ouverts à tous, des séances de cinéma mais aussi des concerts, des lectures, du théâtre et des interventions artistiques et festives viennent s’entremêler pour faire vivre la place au rythme des initiatives citoyennes. J’ai, pour cela, élaboré une série de mobiliers urbains présente toute l’année sur la place mais modulable en fonction des événements. Le mobilier fonctionne alors comme un alphabet aux formes très simples qui invite les habitants à l’investir tout en s’en appropriant les dispositions et les événements qu’ils veulent y voir se dérouler.

Benoît Maîtrejean / L’habitat flottant

Cette unité d’habitat flottant a été conçue de manière minimale et répond à des besoins élémentaires : s’abriter, manger, dormir, s’asseoir, ranger… le module est prévu pour accueillir trois personnes maximum qui vivront un séjour contemplatif sur un lac ou une rivière lente. Mon but est d’offrir la possibilité de vivre une expérience sensorielle au plus près de l’eau en proposant le prototype du bivouac flottant sous forme de prêt. Les utilisateurs sont ensuite libres d’appréhender l’espace aquatique comme ils l’entendent.

La seule obligation pour les différents utilisateurs est de me faire parvenir un travail écrit ou/et photographique relatant l’aventure vécue et confiant leurs impressions, ainsi que leurs avis et remarques sur l’objet. Cette demande de ma part vise à réaliser un carnet de bord issu de toutes les expériences vécues par ceux à qui le projet sera confié. Les travaux de restitutions seront rendus publics sur un blog prenant la forme d’un récit collectif, et au travers duquel les contributions seront classées par ordres chronologiques. Ce projet prend la forme d’un échange, les critiques reçues m’aideront à progresser dans mon travail et à améliorer d’éventuelles productions à venir.

 

Témoignages

 

Léna, diplômée 2020

 

  • Qu’as tu fait avant l’ENSA Dijon ?

Je suis arrivée en cours de cursus en troisième année.

J’ai fait un BTS design d’espace et auparavant en bac arts appliquées

  • Pour toi, c’est quoi le design d’espace et être designer d’espace ?

Le design d’espace est ce qui permet à un espace, un lieu réel ou fictif d’être plus fonctionnel, de répondre à des enjeux, de créer de nouvelles émotions/expériences aux utilisateurs.

C’est un domaine très créatif, qui mêle plusieurs milieux : la scénographie, la muséographie, le design urbain, l’objet et l’architecture.

Le designer d’espace est quelqu’un de curieux, qui questionne sans cesse son environnement, qui s’adapte aux enjeux actuels. Il se doit d’aller plus loin que les réponses classiques données.

  • Les atouts de l’ENSA Dijon et de sa section design ?

L’école permet d’utiliser du matériel, donne accès à une bibliothèque référencée et les enseignants sont donnés par des professionnels du métier.

Même si cela peut faire peur, l’autonomie qui est donnée au fur et à mesure permet de créer sa propre pâte, son propre engagement.

Est-ce qu’un workshop, ou une conférence, ou un intervenant t’a particulièrement marquée, aurait été déterminant dans ta construction ?

Tous les workshops réalisés ont été intéressants. Le plus marquant serait celui avec Gilles Clément, c’était un peu impressionnant de le rencontrer et de pouvoir partager avec lui.

  • As-tu fait des stages et/ou es-tu partie en erasmus ?

J’ai fait un stage de 4 mois en architecture d’intérieur à Paris. C’était super enrichissant et instructif.

  • Es-tu la même personne que lors de ton entrée à l’école ?

Pas du tout. Je suis ravie d’avoir pu grandir grâce aux sujets que j’ai pu traiter, les discussions avec les professeurs. J’ai surtout changé au cours de l’écriture de mon mémoire, le sujet fort que j’ai choisi à été un tournant dans ma vie.

 

Alexandre, diplômé 2020

 

  • Qu’as tu fait avant l’ENSA Dijon ?

J’ai passé un Bac Arts Appliqués, puis j’ai intégré l’école d’architecture de Grenoble pour un an. J’ai finalement obtenu un BTS en Design d’Espace à Nevers juste avant de rejoindre la 2ème année à l’ENSA.

  • Pour toi c’est quoi le design d’espace et être designer d’espace ?

Il s’agit de mettre en valeur, de tirer profit d’un endroit, d’un espace à l’aide d’une multitude d’outils disponibles. Un designer d’espace doit être sensible à l’environnement social, économique et naturel qui l’entoure pour investir de manière pertinente les lieux de vie où il est amené à intervenir. Le Design d’Espace a une vocation d’échange, de partage puisqu’à mon sens, un designer n’est pas spécialiste dans tous les domaines appréhender, mais il a les connaissances suffisantes pour gérer un projet et sait s’entourer d’experts pour répondre techniquement à un besoin.

  • Les atouts de l’ENSA Dijon, et de sa section design ?

L’ENSA fait bénéficier à ses étudiants de nombreuses ressources matérielles (impression, sérigraphie photo-vidéo, outillage …). Les petits effectifs des promotions de Design au sein de l’école permettent à ses étudiants de bénéficier de moments privilégiés avec chacun des membres de l’équipe pédagogique design, mais qui peut s’élargir facilement aux autres disciplines.

  • Comment définirais-tu la pédagogie en école d’art et en design d’espace à Dijon ?

Elle est horizontale la grande majorité du temps. J’ai pu m’apercevoir que la plupart des professeurs et intervenants savent qu’ils ont eux aussi la possibilité d’apprendre et d’évoluer avec les étudiants. C’est ce rapport de réciprocité qui m’a marqué au sein de l’école et m’a donné envie de m’investir.

  • Est-ce qu’un workshop, ou une conférence, ou un intervenant t’a particulièrement marqué, aurait été déterminant dans ta construction ?

Oui, effectivement, c’est un workshop organisé par Lionel Thenadey, où il avait invité deux danseuses et chorégraphes de la compagnie Numb à venir à l’école. J’avais un certain intérêt au préalable pour la danse contemporaine, mais ce workshop a été une révélation. Nous avons travaillé pendant une semaine autour de l’improvisation dansée, accompagné, sur la fin, par les participants d’un autre workshop qui avait lieu en parallèle, le workshop « création sonore ». J’ai été touché par la bienveillance et l’envie de partager des deux intervenantes qui m’ont permis de me sentir accompli, l’espace d’une semaine. Marqué par cette expérience de groupe, j’ai poursuivi par la suite mes recherches sur les corrélations possibles entre Danse et Design, qui est encore aujourd’hui l’un de mes crédos professionnels.

  • As-tu fait des stages et/ou es-tu parti en erasmus ? Parle nous de cette expérience ?

J’ai effectué un stage de 7 semaines dans une agence d’architecture et d’aménagement intérieur proposé par l’un des professeurs de l’école. Ça a été l’occasion pour moi de consolider certaines compétences fébriles notamment la maîtrise de certains logiciels CAO.

J’ai enchaîné avec un séjour de 6 mois à Lisbonne. J’ai tenté d’apprendre le portugais avant de m’y rendre mais sans grand succès. C’est au bout de 4 mois là-bas que je me suis senti assez à l’aise pour pouvoir finalement me lancer dans des conversations.

L’ENSA avait un partenariat avec la section Design de L’ESTAL (qui depuis a fermé ses portes). J’ai pu rencontrer le coordinateur de la deuxième section de cette école, en Arts Performatifs, pour composer mon emploi du temps avec à la fois des cours en Design de communication, Webdesign et aussi en Théâtre et Danse. Ça a été une expérience très riche humainement. J’ai vécu dans une auberge de jeunesse avec d’autres étudiants européens et d’Amérique latine, j’ai pu partager les cours de nombreux étudiants au sein de l’Estal et monter une multitude projets, animés par l’envie de m’engager dans ce nouvel environnement accueillant. J’ai été invité à y retourner deux mois après puisque la pièce de théâtre que nous avions montée avait été sélectionnée par la programmation d’un festival au Nord de Lisbonne.

  • Parle nous de la vie étudiante, des liens qui se sont tissés.

Ma promotion s’est facilement soudée, aidée sans doute par le fait que nous étions un effectif réduit, ce qui nous à instinctivement mené à collaborer le plus possible.

  • Es-tu la même personne que lors de ton entrée à l’école ?

Clairement non. Mon passage à l’ENSA m’a permis d’avoir un regard beaucoup plus large sur tout ce qui m’entoure et à un impact aujourd’hui sur ma vie personnelle comme sur ma vie professionnelle. Plus qu’un bagage technique accumulé, sans doute moindre que dans une école d’archi ou une formation supérieure en Arts Appliqués, je suis satisfait d’avoir bénéficié d’enseignements qui poussent l’autonomie et qui valorisent l’ouverture d’esprit.

 

Charlène, diplômée 2020

 

  • Qu’as tu fait avant l’ENSA Dijon ?

Dès l’obtention de mon baccalauréat Littéraire option Arts Plastiques au lycée Georges Clémenceau à Reims, j’ai effectué une MANAA (Mise à niveau en art appliqué) à Chaumont dans le lycée Charles de Gaulle. Portée par l’envie d’apprendre le design, je me suis orientée vers un BTS Design d’Espace à Reims au lycée Marc Chagall. En parallèle de ces formations, j’ai toujours entretenu le désir d’intégrer une école d’Art et de Design. À la suite de ce BTS j’ai poursuivi mon parcours au sein de l’ENSA de Dijon dans la section Design, admise en équivalence en 2ème année. J’ai obtenue mon DNA et mon DNSEP avec les félicitations du jury.

  • Pour toi c’est quoi le design d’espace et être designer ?

Le design d’espace c’est comprendre l’environnement, l’habitat dans lequel on vit. Cela commence par une observation, une analyse et puis un dialogue. C’est être alerte, au courant de l’actualité et développer de nouvelles initiatives et perspectives pour demain. Être designer ce n’est pas faire du beau, produire du dernier cri ou de l’innovation forcément. C’est plutôt mettre tout en œuvre pour viser juste, pour que ce soit fonctionnel, inspirant et surtout évolutif. Je trouve important de construire des projets collaboratifs en impliquant les plus concernés et en prenant en compte tous les paramètres. Être designer n’est pas une profession mais une attitude et pour moi c’est faire preuve de constats, d’inventivité, d’ingéniosité.

Dans le design, on ne travaille pas seul et pour soi, on s’implique dans les projets pour les autres, pour les besoins des individus et plus globalement pour ceux de la société. Au travers de cette discipline, j’ai appris à concevoir des projets pour le commun, mais aussi à sensibiliser, à transmettre, à rendre mes dessins accessibles à tout le monde. Je pense qu’être designer c’est tout ça, se mettre au service des autres et agir pour un ensemble, pour un mieux vivre.

  • Les atouts de l’ENSA Dijon et de sa section design ?

L’ENSA Dijon est ancrée dans la ville dijonnaise et jouit de partenariats forts qui profitent à la visibilité des élèves. L’école met en place chaque année des workshops de qualités en invitant également des artistes, des professionnels de tous horizons et mixtes. Du point de vue des locaux, l’école a une riche histoire et offre des bâtiments de qualités à ses occupants. De plus, les travaux en cours promettent d’offrir des espaces de travail de qualité aux élèves.

  • Comment tu définirais la pédagogie à l’ENSA Dijon ?

La pédagogie en design à Dijon est à l’écoute. Nous avons la chance d’avoir des enseignants professionnels qui mènent leur carrière en parallèle de leur implication à l’école et qui savent de quoi ils ou elles parlent. On y trouve une mixité et plusieurs professions y sont représentées, ce qui est une force. Le design comporte plusieurs domaines et c’est important que nos professeurs puissent communiquer et nous guider sur les chemins que l’on souhaite emprunter. L’échange avec l’équipe pédagogique est naturel et nous sommes vraiment d’égales à égales avec eux, exerçant aussi dans la même discipline. On nous encourage à forger notre propre identité, notre personnalité, à trouver ce qui nous anime vraiment.

  • Est-ce qu’un workshop t’a particulièrement marquée ?

J’ai un bon souvenir du workshop avec Gilles Clément que nous avons fait à Baulme-la-Roche. Il est une figure, un grand nom du paysagisme. Être à ses côtés et avoir son regard, ses enseignements de près furent une grande expérience pour moi. En plus de ça, nous étions en extérieur et présents dans le village, au contact des habitants. Sur le terrain, nous avons pu créer des projets consistants et fondés qui se sont trouvés exposés dans le village à la suite du workshop.

  • As-tu fais des stages et/ou es-tu partie en erasmus ? Parle nous de cette expérience ?

En début de troisième année j’ai effectué un stage d’un mois au sein d’une compagnie de cinéma anglaise dirigée par Greame Cole. Pour le tournage d’une épisode de la série Universal Ear et aux côtés de l’accessoiriste et scénographe en cheffe. Je concevais des éléments de décor essentiellement en carton de réemploi et participais à plusieurs missions sur plateau (prise de son, figuration, maquillage etc.)

En 4ème année, j’ai fait le choix de partir en stage afin d’affiner mes expériences professionnelles. D’abord, je me suis investie pour un mois dans l’entreprise Chou du volant à Rennes ou j’ai travaillé des visuels, du graphisme pour le site de la marque afin de la promouvoir. J’ai également pu proposer de nouvelles perspectives de design pour les produits, des évolutions dans la gamme.

Ensuite, je suis partie pour 2 mois à Paris au sein du collectif l’Atelier de l’Ours, une équipe de paysagistes et designers. Je participais à la réalisation de maquettes, de vues 3D et me suis rendue sur le terrain pour des visites, des états des lieux. J’ai aussi participé à la construction sur chantier d’un projet de concours remporté par cette équipe. Cela fut formateur pour moi d’être au sein d’un collectif et je chéris le projet d’en fonder un à mon tour.

  • Parle nous de la vie étudiante, des liens qui se sont tissés.

Des liens se sont tissés rapidement et nous nous sommes soutenus jusque là, chacun ayant sa force et sa personnalité. Des personnes sont parties, d’autres nous ont rejointes, nous sommes restés un noyau soudé. Entre nous, nous avons tissé des liens forts et avons partagé des moments uniques au sein de l’école et aussi à l’extérieur. La vie étudiante au sein de l’école est entraînante.

  • Es-tu la même personne que lors de ton entrée à l’école ?

L’école m’a forgé une personnalité plus affirmée et m’a permis de me révéler. J’ai gagné en confiance et en assurance et me sens désormais capable de grandes choses ! Avant de la rejoindre, j’étais une personne hésitante, peu confiante, j’ai connu des enseignements rudes et compétitifs. Arrivée à l’école, j’ai appris à travailler en autonomie, à mieux m’organiser et à développer ma pratique en m’éloignant de la comparaison. J’ai développé mon réseau de contacts grâce aux rencontres et j’ai appris aussi à être plus critique, à déceler ce qui compte vraiment, ce pour quoi j’ai envie de m’investir.